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Historique

La Pérouse, c'était le géant du Rhône

Pendant plus de 30 ans, le pétrolier La Pérouse a sillonné le fleuve capricieux jusqu’en Méditerranée. Surnommé “l’Amiral du Rhône”, le bateau a régulièrement nourri les récits dans le milieu des mariniers : avec sa capacité de chargement de 1046 tonnes d’hydrocarbures, il était, à son époque, le plus grand pétrolier fluvial de l’axe rhodanien. Ses deux moteurs Deutz cumulant 1000 chevaux, lui valurent le titre de bateau le plus rapide du Rhône pendant des années. Le galbe de sa coque attirait le regard des mariniers comme celui des profanes. «Les capitaines de Citerna (société concurrente de Rhodania) étaient un peu jaloux de cette flèche, mais on ne voyait pas longtemps son cul !», raconte Pierre M., matelot qualifié sur La Pérouse en 1966. Ses lignes, sa taille, et sa puissance on fait de ce pétrolier un bateau de légende.

Immatriculation : LY1354F
Dimensions : 79 mètres de long pour 7,50 mètres de large.
Moteurs : 2 moteurs Deutz six cylindres de 500 chevaux pesant chacun 20 tonnes, ayant la particularité d’avoir un régime très lent avec 380 tours/minute. La ligne d’arbre divergente de 4 degrés, permet de fonctionner avec un seul moteur en descente du Rhône.
Direction : 5 gouvernails, qui, placés sur un certain angle avec un moteur en marche avant et l’autre en arrière, permettent un déplacement latéral sans moteur d’étrave.
Capacité de charge : 10 cuves permettant d’embarquer 1000 tonnes d’hydrocarbures.
Coque : divisée en 11 cloisons transversales et une longitudinale dans la zone de cargaison, soit 17 compartiments indépendants.

Transformation

Réhabiliter un ancien pétrolier pour en faire un bâtiment flottant apte à recevoir du public, suppose le respect de nombreuses contraintes techniques, du temps et des compétences.

Fin 1999, La Pérouse quitte le bassin du port Edouard Herriot, pour rejoindre le chantier de la Comef, à Chalon-sur-Saône, où débutera sa restauration.
Dégazage, découpage des cloisons de cuves, restructuration de la rigidité du bateau, remplacement d'une grande partie du fond et des bordées, sablage de la coque, restauration des moteurs… Une phase qui durera plus de deux ans.

Des ailes pour un bâteau

L'idée d'installer un chapiteau de cirque sur le pont est étudiée. La création d'un espace modulable serait un sérieux atout pour l'évènementiel. Destiné à la réception du public, ce chapiteau doit pouvoir offrir des dimensions adaptées, mais comment le faire tenir sur la largeur du bateau ? Faut-il créer des arrondis de chaque côté pour recevoir les structures des toiles ?

La solution retenue propose une seule courbe épurée, de part et d'autre du bateau. Elle conserve ainsi l'allure élancée de La Pérouse.

Mise en couleur

L'identité du pétrolier provoquera débats et discussion : un bateau entièrement rouge, orné d'immenses chiffres blancs inclinés, donnant l'impression qu'ils sortent de l'eau. Les chiffres 01046 sont choisis, en clin d'oeil à la première vie du pétrolier et à sa capacité de chargement de 1046 tonnes d'hydrocarbures.

Mise à l'eau

Le 10 janvier 2005, par une très belle journée et beaucoup d’émotion, La Plateforme est mise à l’eau.

La descente du “sleepway” est une longue manoeuvre. Plus d’une heure sera nécessaire pour que La Plateforme parcourt la cinquantaine de mètres qui la sépare de la Saône.

Le chapiteau

Étude de forme du chapiteau mené par Patrick Giraud (designer) et Marc-Antoine Andrieu (architecte):

 

Montage du chapiteau :

Le montage est réalisé à l’aide d’une grue et de plusieurs équipiers au rappel. Simultanément les autres corps de métier travaillent à l’intérieur, parfois à plus de trente personnes !

Flambant neuf

Juin 2005, les travaux sont achevés. La Plateforme dispose désormais de 600 m2 sur 4 espaces totalement dédiés à l’évènementiel.